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Les origines du métier de Lapidaire dans le Haut Jura


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Si le terme Jura provient du mot celte « juris » signifiant littéralement une forêt de montagne, il laisse entendre l’omniprésence de la forêt et du milieu naturel, le savoir-faire des hommes complète alors cette nature généreuse pour offrir un lieu de vie paisible et authentique.

Le travail des pierres précieuses a commencé dans le Jura grâce aux hivers longs et rigoureux que le massif subissait chaque année. En effet, toute activité agricole étant impossible à mener en plein hiver, il fallait bien trouver une activité à pratiquer chez soi qui nécessite peu de matériel et d’espace disponible. Le travail des pierres précieuses fut ainsi une aubaine pour les habitants de ces froides vallées.

De nombreuses régions de montagnes ont su comme dans le Haut-Jura se créer une identité du territoire grâce aux activités manuelles hivernales qui étaient faites en famille au sein de chaque maison. Par exemple il existe toute une tradition du travail du bois dans le Queyras, dans les Hautes-Alpes à la frontière italienne, où les familles taillaient des rosaces et créaient des boites et des meubles en bois durant l’hiver.

Si actuellement les plaques tournantes de la taille de pierre se trouvent en Inde et en Thaïlande, le savoir-faire du haut jura est privilégié pour tailler des pierres d’exception ou bien encore pour retailler des pierres qui en ont besoin.

mijoux haut jura
Mijoux au début du 19ième siècle

Lapidaires et horlogers : une question de précision

Ces deux corps de métiers bien que nobles auraient pu se passer l’un de l’autre, si ce n’est pour l’agrément et le design de certaines pièces, mais c’était sans compter sur la qualité et la robustesse de pierres telles que les rubis. En effet, les horlogers eurent besoin de contre-pivots en rubis afin de gagner en précision, mais également en longévité pour leurs montres et horloges.

La très forte demande de ces contre-pivots en rubis, devenus indispensables à l’horlogerie haut de gamme, a fait naitre de nombreuses installations de lapidaires notamment à Mijoux et Septmoncel. La vallée de Joux comptait alors en 1749 pas moins de 50 lapidaires !

Avant l’arrivée importante de lapidaires dans le haut jura, les habitants avaient pour activité artisanale la taille de petites figurines religieuses en bois. Cette tradition avait permis de développer des capacités de finesse et de précision qui furent particulièrement appréciées pour le travail précis des petites pierres.

La nature généreuse du Jura aide les lapidaires

Saint-Claude, capitale des diamants du Haut-Jura a su mettre toutes ses chances de son côté. En effet, c’est grâce à une maitrise de l’énergie hydraulique que les lapidaires se sont installés sur la commune. La maitrise de l’énergie de la Bienne permit de générer suffisamment d’énergie afin de faire fonctionner des installations mécanisées.

Lapidaires du Jura : un modèle social et économique

Les Ateliers Coopératifs des Lapidaires du Jura virent le jour en 1914. Ces ateliers regroupaient des lapidaires en centralisant les demandes et en redistribuant le travail à fournir. Les lapidaires étaient payés pour leur travail et recevaient même des parts sociales d’intéressement. Un fonds de pension fut créé pour la retraite des lapidaires. Ce modèle social et économique avait pour ambition de faire fonctionner un système économique global en pensant à toutes les étapes professionnelles et personnelles des lapidaires.

Les dates majeures ayant influencé le travail lapidaire

  • 1550 : premières traces de lapidaires dans le Jura
  • 16e & 17e : les calvinistes opèrent des persécutions à Genève et repoussent des artisans catholiques de l’autre côté de la frontière, ils viennent donc s’installer en France.
  • 1685 : la révocation de l’Édit de Nantes force les lapidaires diamantaires protestants de Paris à aller en Suisse pour fuir les persécutions ce qui revitalisa les secteurs des horlogers et des joailliers dans le canton de Genève. Ce tournant majeur de l’histoire obligea le joaillier du roi Louis XIV à s’exiler en Russie afin de vivre plus sereinement.
  • 1704 : le rubis est utilisé dans les mécanismes d’horlogerie. Ces pierres résistantes permettent d’améliorer de manière très forte la durée de vie des mécanismes.
  • 1735 : introduction de la taille de la pierre dans le Jura par Michaud, un horloger genevois.
  • 1770 : on ne dénombre pas moins de 600 lapidaires sur le plateau du Haut-Jura.
  • 19e siècle : l’économie liée l’activité lapidaire contribue fortement à la dynamique de la région du Haut-Jura.
  • 1878 : Eugène Goudard installe une machine industrielle grâce à l’énergie de la Bienne à Mont-Brillant près de Saint-Claude.
  • 1914 : création des ateliers coopératifs des lapidaires du Jura
  • 1925 : on dénombre 20 ateliers de lapidaires et très peu d’entre eux survivront à la crise des années 30.

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